Les 5 tendances de l'hôtellerie en 2026

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Réveil dans une maison de campagne

Hôtellerie de destination, accent sur le bien-être et la longévité, nouveaux publics à choyer, lobbys transformés… zoom sur les tendances 2026 en matière d’hôtellerie.

Le marché hôtelier à l’horizon 2026

Supérieur à 27 milliards d’euros, le marché français de l’hôtellerie a retrouvé un rythme d’activité quasi-normal depuis 2024 après plusieurs années de difficultés post-Covid. Il demeure néanmoins confronté à un environnement hyper concurrentiel, marqué par le succès des locations Airbnb, la montée en gamme des campings et l’expansion des concepts d’appart’hôtels. Les hôteliers doivent également composer avec l’essor des plateformes de réservation en ligne, dominées par les groupes Booking Holdings, Expedia et HRS, qui jouent un rôle croissant dans l’accès à la clientèle et la distribution de l’offre d’hébergement », nous apprend une récente étude de Xerfi.

 

Et pour cette année ? On annonce un ciel légèrement dégagé. Pour 2026, le cabinet In Extenso fait preuve d'un “optimisme prudent”, pariant sur la résilience du loisir et de la clientèle internationale, malgré un calendrier événementiel moins porteur et des tensions économiques persistantes », lit-on dans le média L’Hôtellerie Restauration.

Des hôtels à vivre

« Les matelas sont moelleux, ça sent bon. Dans ces pièces sans télévision, les meubles chinés, les lavabos anciens et les collections de livres accentuent cet aspect intime et rassurant. La bâtisse n’est pas un hôtel mais une maison hôtelière, qui se réserve en entier et offre quelques services qui la distinguent. » se souvient le journaliste Julien Thèves, journaliste au Monde, qui a visité la maison hôtelière Rive, dans l’Eure.

 

Bienvenue dans l’ère de l’hôtellerie de destination ! Les hôtels qui seront épinglés cette année dans les favoris des clients? Ceux qui promettent une expérience de séjour unique. Aujourd’hui, choisir un hôtel doit être aussi excitant que de choisir une destination. Et ce n’est pas Théodore Bouchot, fondateur de Poem, une agence créative spécialisée en marketing hôtelier, qui va nous contredire : « Depuis 4 ans, on retrouve cette dynamique où les clients ont besoin de lien social. On le voit avec la naissance des maisons hôtelières et ce que moi j’appelle l’homespitality. Je défends une hôtellerie beaucoup plus intimiste avec moins de 15 chambres. Les clients veulent vivre une expérience dans la globalité, avec une forte notion de services ».

La technologie comme pilier de performance en 2026

Intimiste d’accord, mais avec un parcours fluide et chaleureux s’il vous plaît ! Pour les clients, la technologie doit simplifier leur séjour sans le déshumaniser. Selon une étude réalisée par Ipsos.Digital pour Mews (plateforme de gestion hôtelière), les clients français continuent à préférer, à une très large majorité (77 %), un accueil hôtelier et des services gérés par un collaborateur de l’hôtel plutôt que par l’intelligence artificielle. Ils sont 74 % à plébisciter un modèle hybride alliant interaction personnelle et options en libre-service. Ce qu’il faut aussi retenir de cette étude ? Comme au restaurant, l’impatience des clients ! Attendre plus de cinq minutes pour obtenir leur clé à l’arrivée ? C’est excessif pour 64 % des voyageurs. C’est ici, que la technologie peut être un pilier de performance en 2026. Elle doit faire gagner du temps au client et se rendre la plus discrète possible…

L’hôtellerie durable : une attente devenue standard

Les hôteliers ne peuvent plus se permettre d’afficher seulement quelques efforts peu contraignants en matière d’écoresponsabilité. Aujourd’hui, les hôtels doivent durablement impacter tout leur environnement et cela, avant même l’ouverture. On part de l’existant, on rénove, on répare, on révèle et on regénère. Une conviction portée par le fondateur de Poem : « Il existe un enjeu de revalorisation du foncier. Je dis à mes clients qu’ils peuvent trouver des biens intéressants du côté des fronts de mer et même à la campagne ».

 

« Le mouvement a démarré en 2004 avec l’ouverture du Lloyd Hotel d’Amsterdam, situé sur les quais est du port, à partir d’un bâtiment qui avait connu milles vies auparavant », raconte Vincent Grégoire de l’agence Nelly Rodi. « Ces lieux chargés de mémoire sont doublement porteurs, en termes de communication et d’expérience et répondent aux attentes d’émerveillement de la clientèle », poursuit-il dans un article de l’Opinion qui a pour titre « Quand s’évader dans un palace upcyclé devient tendance ».

 

Dans ce contexte, l’offre de restauration doit plus que jamais être alignée ! Comment ? C’est le temps des cartes courtes, locales et de saison. « Il est essentiel aujourd’hui d’avoir une restauration cohérente et performante sans trop prendre de risques. Il faut arrêter avec les cartes incroyables et faire venir les produits de partout. Je crois aux plats du jour. 5 par semaine, comme dans un restaurant ouvrier. », martèle Théodore Bouchot.

 

Et le beurre, il est de la région, votre beurre ? Où trouver des informations sur l’histoire de l’hôtel ? Et vos matériaux, ils sont durables ? Et vos engagements sociaux ? Oui, en 2026, il faut pouvoir montrer patte blanche côté sobriété et responsabilité ! De quoi expliquer le succès de La clé Verte ? 3 000 établissements labellisés en 2026 ! On parle d’un record

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Un management centré sur l’humain

Parmi les tendances qui vont transformer l’hôtellerie en 2026 selon l’EHL ? L’École hôtelière de Lausanne a dévoilé sa feuille de route pour “un secteur plus innovant, plus humain et à impact positif”. Le rapport évoque “une nouvelle ère du leadership centré sur l’humain”. Dans un contexte de pénurie (mondiale) de main-d’œuvre, les employeurs sont désormais jugés sur la qualité de leur management, pas uniquement sur les conditions matérielles ».

 

Prendre soin de ses employés, comme des clients ? Et si, c’était ça, la nouvelle donne ? En attendant : « Des structures comme Bondir·e interviennent dans les écoles hôtelières pour former au droit du travail et prévenir les violences. D’autres projets émergent, comme Restaure, une plateforme permettant aux salariés de signaler les établissements toxiques ou des collectifs comme Mise en Place réunissant des salariés pour débattre des conditions de travail à Paris et Marseille » apprend-t-on dans la newsletter spécialiste des RH dans le CHR, Arrière-Cuisine. Vous l’aurez compris, ça bouge…

Bien-être et longévité

Cette année, on se déconnecte… et on respire ! Place aux adresses qui vous font « ralentir » et si possible, qui font oublier les écrans. « La ‘vibe’ Social Wellness indique que “59% associent le bien-être à des moments de convivialité partagée”, favorisant les expériences collectives plutôt que l'isolement, à travers des retraites collectives, randonnées en groupe, spas collaboratifs… En réaction à l'hyperconnexion et à l’omniprésence des réseaux sociaux, les Unfiltered Journeys traduisent une volonté d'éviter les lieux surfréquentés (pour 65 % des répondants), et de laisser place à l'imprévu pour retrouver une forme d’authenticité dans la relation avec autrui », explique une étude commandée par le géant All Accor.

 

Côté design ? « Le wellness est résolument sorti du spa en 2025 pour s'intégrer à chaque aspect de l'expérience hôtelière. L'éclairage circadien, l'aromathérapie diffusée dans les espaces communs, les expériences sensorielles orchestrées : tout concourt à créer un environnement holistique. Une approche qui continuera de se sophistiquer. », confirme un édito du site Maison à part.

Du lien social, de l’ancrage et toujours plus de soins pour les clients mais également pour ceux et celles qui y travaillent… voilà ce qu’on attend de l’hôtellerie aujourd’hui. Et probablement, pour demain, aussi…