Doggy bag obligatoire : que dit la loi en restauration ?

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Doggy bag sur une table de restaurant

Longtemps boudé, le doggy bag se démocratise peu à peu au restaurant. Bonnes pratiques, réglementation, outil de fidélisation… on vous dit tout sur celui qu’on appelle, également, le gourmet bag !

Que dit exactement la loi ?

Saviez-vous que depuis 1er juillet 2021, le doggy bag, soit la possibilité pour les clients d’emporter le reste de leur repas, est devenue une obligation ? Oui, le doggy bag est obligatoire ! Voici ce que dit exactement l’article L541-15-7 du code de l'environnement (issu de la loi EGalim et complété par la loi AGEC) : 

 

« Les établissements de restauration commerciale et les débits de boissons à consommer sur place mettent à la disposition de leurs clients qui en font la demande des contenants réutilisables ou recyclables permettant d'emporter les aliments ou boissons non consommés sur place, à l'exception de ceux mis à disposition sous forme d'offre à volonté. Les établissements de restauration commerciale et les entreprises qui distribuent des produits alimentaires dans le cadre d'une activité de vente à emporter utilisent à cet effet des contenants réutilisables ou recyclables.

Le contenant réutilisable ou recyclable peut être apporté par le consommateur. Un affichage en établissement informe le consommateur final sur les règles de nettoyage et d'aptitude des contenants réutilisables ou recyclables. Le consommateur est responsable de l'hygiène et de l'aptitude du contenant. L'établissement peut refuser de servir le consommateur si le contenant apporté par ce dernier est manifestement sale ou inadapté. »

 

L’objectif de cette loi ? Réduire le gaspillage, bien sûr ! Et vite, s’il vous plaît ! La loi se fixe pour objectif de réduire de 50% les déchets alimentaires des commerces, restaurants et ménages et cela, d’ici 2030. On parle de 230 g gaspillés par repas et par client, soit un coût matière moyen de 0,5 € par client. De quoi, plus que jamais, prendre au sérieux ce doggy bag.

Responsabilité sanitaire et hygiène

Respect de la chaîne du froid, le cas particulier des boissons… focus sur votre responsabilité quand on parle doggy bag.

Le principe de base

La règle à retenir est assez simple : votre responsabilité s’arrête dès lors que le doggy bag quitte votre établissement. Votre job ? S’assurer de la fraîcheur, du respect de la chaîne du froid, de la qualité de l’emballage et délivrer les bonnes informations pour bien le conserver. Mais dès lors que vous avez remis le doggy bag, la responsabilité est transférée au client. 

 

A noter : Le Guide des bonnes pratiques d’hygiène, une référence dans le secteur, conseillait en 2015 d’éviter de suggérer un doggy bag en ce qui concerne les plats sensibles (qui peuvent présenter un risque bactérien élevé). On parle des carpaccios, des tartares, des fruits de mer… du bon sens ! 

Le cas particulier des boissons

Il reste un peu de vin dans la bouteille de rouge et votre client souhaiterait l’emporter ? La loi vous oblige à le laisser faire, sauf si, là aussi, celle-ci est consignée. Votre client veut repartir avec le reste de son cocktail sans alcool servi dans un verre sur place ? C’est le moment de sortir vos plus beaux gobelets…  

 

Pas envie d’investir dans des contenants ? Sachez que la DGCCRF indique que le restaurateur peut facturer le contenant en supplément du prix du repas, à condition d'informer le consommateur du prix de cette prestation au préalable. L'affichage doit être clair (carte, menu), au titre de l'art. L112-1 du Code de la consommation.

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Comment transformer cette contrainte en opportunité

Le doggy bag, en plus d’être écolo, peut être un formidable levier de fidélisation. La preuve...

En faire un réflexe

« Je ne voudrais pas passer pour un radin… » Parfois, les clients n’osent pas le demander de peur d’être jugés. A vous de le normaliser en veillant à ce que vos équipes le proposent à chaque fois aux clients qui n’ont pas terminé leur repas. Surtout que vos clients y croient au doggy bag et ils ne savent pas toujours qu’il est obligatoire. Selon une enquête publiée en 2015 sur le gourmet bag, 90 % des consommateurs sont favorables à une promotion de cette pratique, 78 % l’estiment compatible avec notre gastronomie et enfin 75 % sont prêts à l’utiliser. 

Des emballages adaptés, écoresponsables et à votre image

Aïe, aïe, aïe… la sauce qui coule dans le sac en papier avant même d’arriver à la maison, le contenant trop petit avec un reste de poulet qui déborde… de quoi agacer, pire, ruiner tous vos efforts ! Pour éviter ces moments qui coûtent à votre image, choisissez des contenants adaptés. Aussi, pour en faire un outil de fidélisation efficace, misez sur des emballages à votre image ! On veut voir votre logo sur les boîtes !

Des conseils pour optimiser l’expérience de dégustation à domicile

Pour une expérience à domicile optimisée, ne soyez pas avares en conseils ! « Plutôt que le four, je vous conseille de réchauffer votre poisson à feu doux dans une casserole pour ne pas trop l’assécher », « Pas de problème pour les pommes de terre ! En revanche, je vous conseille de consommer la viande demain midi au plus tard ». Voici le type de conseils attendus par vos clients. L’objectif ? Que la dégustation à la maison soit aussi agréable que chez vous ! Le sourire et la décoration en moins… évidemment !

 

Généreux en conseils de conservation, de dégustation et en… sauce ou garniture ! Il reste du pain qui va finir à la poubelle ? Allez, hop, deux morceaux dans le doggy bag ! Dans l’ADN de la restauration, la générosité a toujours été une arme de fidélisation massive.

Un casse-tête le doggy bag ? Jamais pour les maisons qui le prennent au sérieux ! Un réflexe pour l’équipe en salle, des contenants bien stockés et floqués, des petits conseils sur la boîte… vous avez de quoi séduire vos clients avec une démarche durable à valoriser à la clé. Vite, ça déborde…