La nouvelle tendance du kebab premium

Temps de lecture : 8 minutes
Un homme et une femme qui mangent un kebab

Le kebab, totem de la street food, casse ses codes pour devenir plus raffiné que jamais. On vous dit tout sur sa premiumisation et comment adapter votre offre.

Pourquoi le "Premium" est-il devenu indispensable ?

Le Kebab se hisse dans le top 5 des snacks salés les plus consommés en France. Solide mais disputé, le célèbre sandwich berlinois a trouvé la parade pour dépoussiérer son image de snack de quartier et ainsi demeurer un réflexe sur la pause déjeuner, voire devenir une véritable destination. Il faut voilà, conserver un trésor de guerre de 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires (en 2024 selon Food Service Vision) milliards d’euros sur le marché du snacking. Comment ? En se laissant porter par la vague de premiumisation de la street food ? En remettant un peu de découverte et d’authenticité au menu ? En dépoussiérant l’héritage de papa qui part en retraite ? En innovant d’avantage ? Il faut au moins ça pour ne pas se laisser dépasser par l’irrésistible “croustysation” et la fast and good mondialisation de la street food dans l’Hexagone…

 

Donc, au menu, on a de nouveaux acteurs qui dépoussièrent le kebab, un retour à des offres plus simples et accessibles, des produits qui répondent aux nouvelles attentes des consommateurs, des recettes authentiques, un nouveau répertoire (maître kebabier, kebabiste…), une offensive des marques de franchise, des évènements et des innovations pour le rendre plus populaire que jamais. Allez, on envoie !

Vous souhaitez plus de conseils pour l’ouverture de votre restaurant ?
Oui, je veux faire le plein d’idées
Je télécharge le guide

Les 3 leviers pour transformer votre offre

Pour donner une touche premium ou pour une toute nouvelle offre, suivez nos conseils et inspirez-vous de ces adresses qui réinventent les standards du kebab.

Le sourcing des produits

Vous connaissez Mehmet ? On parle d’une adresse de kebab premium perchée sur les hauteurs de Montmartre. A la carte ? Un döner kebab de viande de poulet élevé en plein air de Normandie, galette faite maison, frites double cuisson, mayonnaise maison au piment fumé Isot, des mezzes de saison à partager, une sélection de vins naturels. La premiumisation passe par un sourcing exigeant. De quoi séduire les clients qui sont de plus en plus nombreux à privilégier les adresses qui jouent la carte du local et de la transparence.

Le fait maison

Plus que jamais différenciant, le fait maison est un prérequis pour qui veut réenchanter ce routard de la street food. Galette, frites, assaisonnement, sauces, broches… pour rappel, les clients sont prêts à débourser plus pour une recette maison.

 

Pain

Pétri devant le client et chaud, si possible ! Il n’est pas rare de voir des passants se laisser tenter par un börek maison réalisé devant eux. Aussi, certaines adresses jouent la carte du pain baguette pour surprendre côté texture. Mais aujourd’hui, pour un kebab premium, les clients s’attendent à un pain maison ou du boulanger (il doit être très croustillant à l’extérieur et très moelleux à l’intérieur). Mieux : « Dès qu’il y a une commande, le pain est préparé et mis au four. Cela garantit d’avoir un pain frais et moelleux, sans avoir besoin de le toaster, peu importe l’heure », explique Firat Guneysu, gérant du KES à Nancy.

 

Viandes 

La viande ? Toujours fraîche, bien sourcée et marinée maison au moins pendant 24 heures ! Française, locale… et pour lui donner un maximum de saveur, on mise sur un mélange d’épices maison. La broche ? Assemblée à la main. Un argument de poids et qui se montre sur les réseaux sociaux, comme chez Breizhliner. « Ceux qui ont misé sur une viande préparée à l’ancienne ont encore du succès », confirme en titraille Le Parisien. Envie de faire dans le Terroir ? Faites comme  à Toulouse, où l’on propose des kebabs avec magret aux figues, gigot d’agneau à l’orange ou version gersoise au foie gras. Plus luxueux encore ? Et pourquoi pas avec une viande elle aussi premium, comme le bœuf Wagyu ? 

 

Sauces

Maison évidemment et signature si possible ! Au yaourt ou piquante, une sauce addictive qui fait revenir à coup sûr le client. Chez Master K, par exemple, toutes les sauces sont maison ail et fines herbes, blanche, piquante et algérienne et basilic-amandes qui accompagne le kebab à la burrata. Epices sourcées, recettes de sauce familiale… tant qu’il y a une histoire à raconter, ça fera saliver.

 

Légumes comme à Berlin

Le kebab berlinois est célèbre pour sa générosité en légumes frais et de saison. Frits, ils apportent du goût et de la couleur. Courgette, carotte, chou-fleur, chou rouge… vos légumes doivent être eux aussi bien assaisonnés et réhaussés d’herbes fraîches. Pensez aussi aux pickles ! Toujours préparés maison, ils peuvent faire la différence.

 

Accompagnements

Frites maison, cuisson en 3 temps, assaisonnement maison… oui, on ne plaisante pas avec le plus vieux compagnon de route du fameux sandwich. Frites ou pommes de terre rôties au four, elles sont toujours flanquées d’une sauce maison, évidemment. Côté snacking, on mise sur des salades, des böreks et des soupes maison et de saison.

 

On ne néglige pas non plus la carte des boissons. Authentique, sourcée… elle doit, elle aussi, inviter au voyage… tout comme vos desserts.

Les concepts qui cartonnent

Deux kebabs made in France qui cartonnent ces derniers mois.

Le kebab Fusion

Basis, vous connaissez ? Un concept fort à Paris, une belle communauté sur les réseaux sociaux et une capacité à écouter et à surprendre sa cible. Au menu ? Des kebabs revisités et qui ont fait le tour du monde. Tenez le Banhsis : carottes marinées, concombre coriandre, mayo Sriracha, sauce aigre-douce. Ou le first class kebab : Poivron, choux-fleur, carottes, aubergine, sauce blanche NYC, sauce Belleville. Les prix ? Autour de 10 euros. 

Le kebab vegan

Pour les kebabophiles végétariens, imaginez une alternative comme du seitan, du tofu, ou des falafels. C’est le moment parfait pour innover : « Depuis 2021, V & V House offre des kebabs d’un autre genre. Le kebab ressemble à s’y méprendre à un kebab marseillais lambda. Même visuel, même odeur, même goût. À une différence près, tout est vegan. La viande marinée est remplacée par un steak de soja et de pois chiches, le fromage par du tofu mariné. Le tout accompagné d’achards de légumes, un mélange de chou blanc mariné avec des épices. Dès la première bouchée, l’illusion est parfaite. Le "fromage" est coulant et salé, la "viande" est tendre et effilochée. "On a voulu s’adapter à une nouvelle mode de consommation et finalement, c’est le menu que l’on vend le plus", explique le gérant Cherif Khai. À la fin du repas, on est aussi repus que lorsque l’on déguste un kebab lambda. » lit-on dans La Provence.

De la truffe rappée sur un kebab ? Ça existe ! Une nouvelle preuve de la versatilité de ce sandwich qui met tout le monde d’accord et même quand il ose se montrer plus gastronomique. Jusqu’où ira le kebab ? En attendant, quand le géant du repas sur le pouce se met à table, nous, on s’assoit…